Déroulement d’un atelier

Le T’chi clown est une technique d’improvisation corporelle qui permet de vivre des relations de jeu incarnées. Durant l’atelier ou le stage, nous nous libérons de nos conventions sociales pour retrouver, dans la confiance du groupe, le plaisir de bouger et de se relâcher sans jugement ni auto-évaluation. Dans nos improvisations, derrière un nez rouge et avec des consignes simples, nous apprenons à transformer nos émotions et ressentis en énergie (t’chi) de jeu (clown). Se créent alors, sous le regard des autres participants, des moments de rencontres sensibles et poétiques. La progression de chacun des participants, dans sa capacité à se laisser traverser par l’énergie de jeu, se fait à travers un processus qui se déroule en 3 temps :

1- La mise en présence individuelle et collective, avec et sans musique.

La préparation au jeu se fait dans un premier temps par des mouvements dynamiques alternant la détente corporelle et l’écoute des ressentis. Elle aborde :

  • La disponibilité corporelle : l’axe vertical, la conscience de l’espace et des autres, la fluidité de mouvement et de déplacement (seul et à plusieurs).
  • La perception sensitive de l’espace : la prise de conscience du senti, de l’auditif et du tactile dans le déplacement, l’attention et l’écoute des ressentis dans les interactions physiques avec ses partenaires de jeu.

2- Le jeu avec l’énergie corporelle sensible :

Après la mise en disponibilité du corps, nous apprenons dans un deuxième temps à canaliser nos pulsions de vie vers notre nez rouge pour nous mettre en mouvement dans l’air de jeu; mouvement que nous nommons: « processus yang d’extériorisation ». Puis nous  suspendons tout mouvement extérieur et écoutons comment ceux-ci trouvent un écho à l’intérieur de notre enveloppe corporelle; écoute que nous nommons: « processus yin d’intériorisation ».

– Par les alternances « yang/yin » vécues dans les petites expérimentations proposées, nous sortons de nos représentations mentales pour rentrer dans la réalité d’un corps incarné. Corps que nous orientons volontairement vers les 6 plans de l’espace: les 4 murs, le sol et le plafond. Tous les passages du yang au yin et du yin au yang relient progressivement l’intérieur de notre enveloppe corporelle avec l’espace scénique habité par nos partenaires de jeu et orienté par la présence des spectateurs.

– Cette façon d’habiter la scène nous permet d’engager la globalité du corps dans nos relations de jeu et nous met en situation d’agir sans réagir aux stimulations extérieures. Une attention particulière portée au « centre » du corps et à son enveloppe « peau » avec l’intention d’aller vers les autres, nous fait ressentir la notion de « souffle ».

Derrière un nez rouge structuré par le langage « yin/yang/centre/peau/souffle », les joueurs s’entrecroisent et s’entremêlent en libérant une « énergie corporelle vibratoire ». Pendant une improvisation dont la durée est déterminée à l’avance, ces vibrations s’amplifient jusqu’à donner lieu à une « circulation d’énergie » qui relie joueurs et spectateurs.

3- Les improvisations libres et dirigées :

Dans un troisième temps, pour clore l’atelier, nous improvisons en tenant compte de toutes les découvertes faites dans les deux premiers temps. Sur un weekend de découverte, nous reproduisons trois fois ce déroulement d’atelier en faisant évoluer les consignes pour affiner nos perceptions et vivre pleinement nos relations de jeu.

  • En improvisations dirigées, les participants découvrent et amplifient d’infimes et intimes états suscités par leur corps, jouent avec leur voix et les mots qui jaillissent des interactions avec leurs partenaires.
  • En improvisations libres, seuls ou à plusieurs, alimentés par l’énergie apportée par le « regard spectateur » des autres membres du groupe, les participants explorent leur imaginaire corporel et leur inventivité singulière.

Des improvisations, réunissant tous les participants des ateliers réguliers qui désirent vivre l’expérience du public, sont proposées chaque fin de trimestre devant un public d’ami-e-s.